Shooting à Moscou !


Dans la famille "vie de photographe"...

"Partir à Moscou pour un shooting produit, ça te dit". Voilà la question qui m'a été posée fin mai. Mets-toi à ma place cher lecteur, tu es photographe... tu hésites ? Moi non plus ! Comme quoi il faut toujours avoir un passeport en cours de validité et pour plus de 6 mois !

Le job ? Une colossale commande de 30 000 références à shooter pour LE fabricant de matériel électrique ! Bien sûr nous n'étions pas les seuls photographes à assurer cette commande. Un total de 8 studios photo répartis en binômes de photographes dans plusieurs pays dans les différents D.C. à été mandaté pour assurer cette session du mois de juin qui était la 2eme mission réalisée sur Moscou.

Le plateau de prise de vue :

Environ 60 références/jour à shooter. Un rythme qui parait facile à tenir si on oublie la diversité des formes, des tailles et des volumes à photographier. Cela va du petit interrupteur ou cache-prise tout simple, plastique blanc ou doré, imitation bois, en passant par l'armoire électrique de 2m ou le transformateur de 60kg...

Le tout avec des contraintes de prise de vue (angle, brillance, complexité et diversité de certaines réf.) qui, avec la gestion des listings, la manipulation, la préparation, le nettoyage/dépoussiérage (pas mon fort !) et mise en place des produits, mise en place d'éclatés etc.. font de ce job un véritable sport ! Ceux qui ont déjà fait du packshot en quantité comprendront !

Les (plus petits) produits :

 

Shooting packshot Grenoble

Shooting packshot

 

Le binôme photographes, avantages et inconvénients :

J'ai beau être "déjà" photographe indépendant, travailler en "second-shooter" est une excellente école photo et permet au final d’acquérir de l'expérience sans les contraintes de la gestion logistique et économique du photographe responsable de la mission.

Visas pour la Russie (sont pas là pour rigoler !), billets d'avion, location de véhicule, hôtel, restauration etc... le second ne s'occupe de (presque) rien ! Par contre le photographe-en-chef, lui, doit se coltiner toutes les contraintes administratives, lister préalablement l'intégralité du matériel transporté (carnet ATA), faire l'avance des frais, gérer le timing, assurer le bon déroulement de la commande, rendre des comptes au client et gérer en cas de pépin... et parfois même gérer son second !

Autant dire que la "prise-de-vue" n'est qu'une partie de la masse de travail !

Alors oui, j'ai écrit "avantages ET inconvénients" mais j'ai beau chercher, et mise à part la nécessité d'une bonne cure de repos au retour, je n'ai pas trouvé d'inconvénients... la preuve par l'image avec un selfie (souvent je déteste les selfies) au 5D et 2 perches à selfie d'environ 70cm, mes bras !

Assistant photographe

Photographe heureux - Fontaine Druzhba Narodov - Moscou

 

Journée type :

Levé 6.30 / petit dèj. très copieux à l'hôtel / arrivée au D.C : 8.30 / ça shoote toute la matinée / super resto à midi / ça shoote jusqu'à 18.30 / super resto le soir / nommage des fichiers, contrôle de détourage, upload/download (quand le wifi est d'accord...) et diverses galères jusqu'à minuit ou plus.  bref, des journée de 39h voir un peu plus.

La cerise sur le gâteau :

Sur ces 11 jours à Moscou il faut compter 2 jours de voyage et 7 jours de prise de vue.
Ce qui laisse 2 jours de repos course à pieds dans Moscou...

Être à Moscou et avoir 2 jours de "libres" ne donne pas envie de se reposer. Alors direction Moscou City pour 2 jours de "tourisme". J'avais bien sur emporté mon fidèle compagnon Boitier, et 2 de ses frangins - 50mm 1.4 et 16-35mm 2.8 - pour profiter d'une lumière extra dans cette ville incroyable... Loin des aprioris et autres idées formatées par les médias, Mockba est une ville atypique, surprenante, vivante et c'est surtout un "terrain-de-jeu" dément pour photographe. Beaucoup (trop) de choses à voir, beaucoup de monde (des hordes de touristes avec des p... de perches à selfie sur la Place Rouge !), des restaurants et un accueil au top... mais 2 jours c'est trop court !

-:- Extraits ::-

 

Oui, il a fallu voyager en classe affaire pour augmenter le poids des bagages en soute et en cabine. Générateurs x2, torches x4, parapluies, fonds photo, trépieds, ordinateurs, petit matériel... bref, 80kg de matos studio. Oui j'ai dû me coltiner les 2 générateurs à bout de bras à l'aéroport car au final la valise dépassait le poids autorisé en soute. Oui nous avons dû boire du champagne (avec mode & ration) en compagnie des (charmantes) hôtesses... dur ! Oui nous avons été contraints de gouter à la sublime gastronomie locale et aux non moins sublimes serveuses. Et oui, nous avons parfois enchainé des nuits de 4/6h de sommeil.

Cette expérience à aussi été une véritable immersion dans le shooting studio nomade avec un "chef-photographe" expérimenté (30 ans de métier), partageur, pas avare en conseils et en transmission de savoir. Quelques moments de stress, un travail intense mais aussi de bonnes rigolades, des restos au top, une découverte culturelle permanente, bref, encore une très belle tranche de vie de photographe. Merci Gilles !

Special thanks : Cédrine, Pédro , UPP Auvergne Rhône-Alpes, Fabien L.

Quelques liens et lieux :


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