Urbex-M – Juillet 2012


Urbex addiction :

Après un reportage photo de suivi de chantier la semaine dernière (7 heures de marches, 8 hectares à couvrir) et une journée de post-traitement photo au studio, le besoin de se dégourdir les jambes, l’œil et l'objectif se manifeste, comme un besoin impératif, un soin objectif, une cure focale...

Quelques récentes investigations sur le net (googlemap) issues d'un tuyau donné par un ami avaient permit de repérer une vaste friche non loin du studio.

Ce sera pour demain !

Levé 6h, checklist minutieuse du matériel, départ 6h30 pour être sur place à 7h : fraîcheur, discrétion, et horaire permettant de minimiser les risques de potentielles mauvaises rencontres dans ce genre de lieu !

Véhicule garé loin du lieu, quelques nuages, ciel bleu foncé, la lumière est belle et nette. Rapide marche d'approche prometteuse, l'accès est très facile, pas même une enjambée, le portail est ouvert,...

D'emblée, le site offre une vue très linéaire, les premiers bâtiments sur la droite affichent un état de santé très détérioré. Il va falloir, comme d'habitude, être très vigilant, et regarder où poser les pieds. Les toitures sont, comme souvent, éventrées, ce qui demande en plus de regarder où poser les semelles, de veiller à choisir des itinéraires en fonction de ce qui surplombe, car même avec un casque...

Passé les 2 premiers garages sans intérêt, je rentre dans le vif du sujet dans un rez-de-chaussée très sombre, nombreux objets jonchant le sol, et le reste d'une machine tout droit sortie du siècle dernier. J'ouvre mon sac, le 16-35mm est en place, je déplie le trépied... shoot.

Bracketting, pauses longues et coups de lampe frontale sur les zones noires, regarder partout pour cadrer, pour découvrir l'angle ou l'objet tel le Graal, tirer la quintessence visuelle du moment.

Comme souvent, et malgré le délabrement, les pièces visitées sont encore chargées de leur activité passée, comme si les humains travaillant ici avaient, pour une raison inconnue, quitté le lieu précipitamment. L'ambiance est pesante, et malgré un pas léger et discret les éclats de verre craquent sous mes semelles, résonnant sous les voûtes noires, comme une alarme signalant ma présence.

Le mental est en plein ébullition, l'imaginaire fait le reste...l’adrénaline est là !

Épilogue :

De pièces en pièces, les découvertes sont plus ou moins agréables, le plus étant pour l'ambiance et le moins pour le visuel, car qui dit accès facile dit "lieu vandalisé". Quel dommage, tout à volé en éclat, tout à été cassé, pillé, éclaté, et il faut se rendre à l'évidence, j'arrive trop tard, bien trop tard...

Rien de surprenant à cela, c'est la coutume. Dès qu'un lieu est abandonné il est prit d'assaut par le besoin de se défouler sur ce qui semble n'appartenir à personne, là où les règles de l’extérieur ne s'appliquent plus, là où certains expulsent leur l'énergie brute.
Vandales, graffeurs, taggeurs, squatteurs, airgunners, chasseurs d'urbex, tous sont comme aimantés par ces lieux et une seule parmi ces catégories de visiteurs se fixe pour règle ne rien casser et de garder le lieu "secret" pour éviter qu'il ne soit encore plus exposé aux dégradations...

C'est aussi ce qui fait l'intérêt de l'Urbex : trouver avant les autres, intacte, encore chaud, presque en vie, et figer dans le temps, avant disparition...


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